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 Nouvelle : Il est loin cet abscent...

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Liloo
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Date d'inscription : 22/11/2009
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Localisation : Dans les nuages en train de rêver

MessageSujet: Nouvelle : Il est loin cet abscent...   Mar 8 Déc - 21:02


Bonjour à tous !

Lorsque j'avais environs vingt ans (Hé oui, le temps passe) j'ai été rédactrice en chef d'un journal de mon lycée et j'y avais écrit une nouvelle... Et zoup ! Je retombe dessus en faisant du rangement !!! L'idée m'est alors venue de la dactylographier et de la partager avec vous...




Il est loin cet absent…


Une plage de sable fin, lui est là, assis à côte de moi. Il me raconte son existence, sa vie. Il me la décrit comme étant belle et scintillante comme la mer en ces soirées où le soleil décline.

- Pourquoi me parler de cela ? », lui dis-je intriguée.

- C’est parce que, malgré ton jeune âge, toi tu m’écoutes et comprends ce qui me fait rêver. »


Tout en me disant ceci, il me passe la main dans les cheveux. Bien que son attitude soit maladroite – car il me les tire de temps à autre – quelque chose m’attendrit inexorablement. Chaque minute qui s’écoule me révèle ses qualités. C’est un personne merveilleuse, dotée d’une joie de vivre extraordinaire, qui auparavant m’a remonté le moral et m’a fait découvrir ces petits bonheur de la vie ; un jeune homme qui aime à faire connaître aux gens le monde sous un autre angle avec des beautés que
l’on ne soupçonne même pas. Il me regarde avec grande complicité. Chacune de ses pupilles dégage un vert profond qui n’est pas sans rappeler les forêts de Sibérie. Nous nous observons l’un, l’autre tout a fait conscient du sentiment qui nous unit mais que nous n’osons pas nous avouer. J’ignore si le souvenir de mon visage ne sera pas, pour lui, comme estompé au fil du temps. Les années ont passées, jusqu’alors, je n’ai jamais revu Yann mais sa présence m’obnubile…


Je marche seule dans les rues désertées. Le clapotis de la pluie se fait entendre et vient bientôt rafraîchir mon visage. La ville, plongée dans la nuit, me dévoile toute sa mélancolie. J’arrive sur Valsamis Avenue. Sur ce boulevard, des papiers s’envolent tandis que des chanteurs d’un soir composent des chansons emplies de tristesse. Je n’oublierai pas, je le pense, ces visages de misère qui apparaissent lorsque je me sens mal. Yann, où es-tu ? Le monde paraît si triste sans toi…

La pluie, qui à présent s’est transformée en grêle, me martèle le visage telle une multitude de petites abeille blanchâtre.
- Tout reste à dire dans le champ épuisé du jour. » Ce sont les bribes d’une chanson emportée par le vent. Je m’approche pour en écouter la suite mais le vieil homme au visage nonchalant s’arrête de jouer. Déçu, je passe mon chemin.

- Vous m’avez l’air bien triste mademoiselle ! », me dit-il soudain. Je me retourne puis mon regard s’abaisse sur le sol.
- Si vous voyez tout en noir, faîtes chanter vos couleurs ! », me dit-il avant de repartir vers un autre quartier.

Les idées se bousculent dans ma tête. Que signifiait cette phrase si intense ? Après cette courte trève, je poursuis ma route. Soudain, les éclairages s’éteignent. Le miaulement d’un chat, seule âme encore vivante dans cette métrpole endormie, se fit entendre dans les nuées puis plus rien.

- Alors ma jolie, tu sais, c’est pas très prudent de se promener comme ça le soir, surtout quand on est seule. », me dit une voix rauque et cassée – par la fumée de cigarette – d’un homme dont je ne peux distinguer le visage. Sentant le danger, j’essaie de m’enfuir mais j’arrive hélas dans une impasse. Je suis prise au piège et désemparée…

Il s'approche de ma personne et me plaque contre le mur et je suis pétrifiée... Ensuite ? Ensuite je sens son souffle dans mon cou et puis il y a ses longs râles - pareils à des bramements de cerf - tandis qu'il prend plaisir à profiter de mon corps. Je me sens salie, j'ai mal et je pleure. Il lève la main sur moi puis il me lance un regard glacial, un de ceux qui tuent.

- Ta gueule salope !" me dit-il par la même occasion. Je ne sais que trop bien, à présent, quelles sont ses intentions et ce n'est plus de la peur qui m'envahit mais plutôt cette envie de savoir ce qu'il adviendra de moi.

Soudain, un ronronnement de moteur se faisant entendre au loin reste mon seul espoir. Le motard, attiré par les rires cyniques de mon agresseur, s'approche et, voyant l'évidence du danger que j'encours, me vient en aide. C'est alors qu'un bagarre se déclenche. Je ne préfère pas voir ça. Le calme s'instaure à nouveau puis une main se pose sur mon épaule. Un effroi s'empare de moi.

-N'ayez pas peur mademoiselle tout est fini !" A la fois choquée et soulagée, je me retourne puis éclate en sanglots dans les bras de celui qui vient sûrement de me sauver la vie.

- Vous ne pouvez pas rester comme ça. Il se fait tard. Venez ! Je vais vous ramener chez moi et ensuite, nous contacterons la police !"

Ne sachant où aller, je hoche la tête en guise d'accord. Il me conduit jusqu'à Asmodée Avenue. Le silence se fait de plus en plus pesant puis il me dit soudain :

- C'est ici !"

Un immense bazar, que je ne soupçonne pas, s'offre à mes yeux lorsqu'il ouvre la porte: quelques cannettes vides, des vêtements deçà, delà et des disques trainant hors de leur pochettes. Sur les murs, pas un tableau, pas un poster, pas une image ni même une photo... Voilà à quoi se résume l'intérieur de l'homme qui m'est venu en aide !

- C'est à force de voler au secours de la veuve et de l'orphelin que votre appartement est dans cet état ?
Il sourit puis me répond gentiment :
-Non, en fait, je suis célibataire et je cours souvent à droite, à gauche si bien que je ne trouve pas le temps de m'occuper de mon logis et puis je n'ai pas les moyens de me payer une femme de ménage alors...
- N'ayez crainte, je plaisantais... Chez moi, c'est à peu près la même chose avec des tableaux et des posters en plus. Nous nous regardons l'un l'autre puis rions tous les deux.
- Oh mais vous devez être morte de fatigue ! Asseyez vous ! Vous boirez bien quelque chose ?
- Un chocolat si vous avez. Il s'approche de moi et me tend une tasse tandis qu'il boit son café.
- Racontez moi en détail ce qui s'est passé. Et, tandis que je lui fais le récit de ma triste aventure, il prend un air peiné et révolté à la fois.
- Vous ne devez pas laisser la chance à cet individu de courir en pleine nature. Qui sait s'il ne recommencera pas avec une autre ! Vous devez le dénoncer ! Je vous accompagnerai, je vous le promets ; vous ne serez pas seule. La crainte me saisit. Je suffoque. Je pleure.
- Je sais la peur qu'est la votre mais pensez à toutes ces femmes qui peuvent être sa proie ! Promettez-moi d'aller voir la police.
Je le regarde les yeux noyés de larmes et lui réponds d'une voix grinçante :
- Je vous le promets."
Minuit arrive à grand pas lorsque nous décidons d'aller nous coucher.

Le soleil se filtre à travers les persiennes et vient bientôt caresser mon visage endormi. Il est huit heures lorsque je me lève. Mon sauveur dort encore du sommeil de l'enclume et je décide, après avoir déjeuné, de ranger un peu ce désordre dans lequel il vit. Après quoi, je lui prépare un plateau que je lui apporte. Dès qu'il ouvre un œil et constate ma délicate attention, un sourire se dessine sur son visage.

- Vous n'auriez pas dû vous donner tout ce mal !", me dit-il amicalement.
- Oh ! Je vous en prie; ce n'est pas grand chose."
Nous nous échangeons de politesses durant un court instant puis, après s'être habillé, il me dit :
- Allons faire un tour en ville, nous avons des choses à y faire !"

Ayant compris ce à quoi il faisait allusion, je lui répondis :

- Je ne peux pas porter plainte contre mon agresseur, monsieur, j'ai à peine vu son visage. D'autant qu'il n'est pas tout à fait fautif... c'est moi qui l'ai provoqué."
- Ecoutez ma petite dame, j'ignore quel est votre nom ni même d'où vous venez mais une chose est sure, vous ne devez en aucun cas avoir honte de ce qui s'est passé car vous n'êtes absolument pas fautive ! Alors vous allez venir avec moi et on va accuser ce type de vous avoir porté un tel préjudice OK ?"
- Pas avant de savoir qui vous êtes réellement !"
- Je m'appelle Christophe Cauvin et j'exerce le métier d'écrivain."
- C'est étrange, je porte le même nom de famille que vous, mon prénom est Mélodie."
- Bien à présent que les connaissances sont faites, acceptez vous qu'un violeur puisse être arrêté grâce à votre témoignage?"
- Oui !"
- Allez, tout est fini je suis là."
- Merci Christophe !"
-Je vous assure, il n'y a vraiment pas de quoi."

Une fois au commissariat, je fais à nouveau le récit de ce qu'il m'est arrivé ; puis le policier me tend un classeur comportant une série de photos convenant à la description du violeur. Je regarde ce triste album avec monotonie, en me disant que ces personnes que j'observe n'ont vraiment pas une bonne tête, puis m'écrie soudain :

- C'est lui ! Je peux vous jurer que c'est lui ; c'est ce type qui m'a offensé !"
Je remercie ensuite l'agent de police qui me dit en partant que tant qu'il n'auront pas arrêté le scélérat, je ne dois pas rester seule.
- Aucun problème ! Je vais l'héberger chez moi." dit Christophe.
Et avant même que j'ai eu le temps de dire quoi que ce soit, il en est décidé ainsi.
Nous retournons tous les deux vers Asmodée Avenue, mais une question m'envahit et je me risque à la lui poser :
- Pourquoi en faites-vous autant pour moi ?"
Un sourire se dessine sur ses lèvres mais ma question reste sans réponse et je n'insiste pas. Nous arrivons à l'appartement de Christophe vers dix heures. Là, je m'assois dans le premier fauteuil et commence à songer à ce qui venait de se produire ces derniers temps.
- Ça va aller Mélodie ? Cette déposition n'a pas été trop éprouvante pour vous ?"
- Ça peut aller, je vous remercie, mais... puis-je vous demander une faveur ?"
- Bien sûr !"
-puisque nous devons cohabiter pour une longue période, vraisemblablement, n'est-il pas préférable que nous nous tutoyons ?"
- Si vous avez raison; j'y avais pensé mais j'ai eu peur de vous paraitre trop direct."

Les jours et les semaines s'écoulent, comme la course d'un petit ruisseau, et mes sentiments envers Christophe varient. Ceux-ci qui, au départ, n'étaient que de le reconnaissance, se sont vite transformés empathie pour lui pour devenir ni tout à fait de l'amitié, ni tout à fait de l'amour, mais un sentiment similaire à de la fraternité.
Il est neuf heures du soir lorsque la sonnerie du téléphone retentit. Christophe répond.

- Mr Cauvin ? Ici la police judiciaire de Stompy. Nous venons vous informer que la jeune femme qui réside chez vous peut à présent regagner son logis. Nous avons arrêté son agresseur : elle n'a plus rien à craindre."
- Je vous remercie de nous tenir informés, je lui en ferai part"
- Qui était-ce ? J'ai cru comprendre que tu faisais allusion à moi."
- c'était la police. Elle nous informe qu'elle a arrêté le violeur et que tu peux si tu le souhaite, retourner chez toi" me dit-il avec un brin de mélancolie dans la voix.
- Pourquoi semble tu si triste, Christophe ?"
- C'est parce que, une fois que tu seras partie, je ne pourrais plus apprécier la grandeur de ton charisme et la finesse de ton langage."
- Chut ! Ne m'en dis pas plus de peur que je ne rougisse. Ce que tu viens de dire m'émeut beaucoup et je ne peux cacher ma joie."
- Ta joie ? Veux tu dire que..."
- Oui, Christophe, je t'aime. Car sans toi le vent se lève, mes rêves s'agitent et ma détresse s'en ressent. Je n'ai jamais osé te l'avouer avant de peur que tu ne me trouves trop directe; je me suis juste contenté de te le faire ressentir."

Il me prend dans ses bras, m'enlace puis m'embrasse. Répondant à ses baisers, je m'abandonne à lui, la paix retrouvée. Il a la peau si brulante que j'ai envie de déboutonner sa chemise. Lui, de son côté, soulève mon débardeur et nos deux poitrines se touchent. Nous nous dirigeons vers la chambre puis, après une brève hésitation, nous continuons à nous déshabiller mutuellement et nous embarquons dans un corps à corps endiablé qui dure jusqu'au petit matin.

- Je ne t'ai pas fait mal au moins ?" me demanda-t-il.
- Non pas du tout. Dis moi pourquoi tu as la peau si chaude, pourquoi ça brule quand on te touche ?"
- Non, je ne le dis pas."
- Pourquoi ?"
- C'est mon secret."
Il marque une courte pause, puis reprend :
- Que comptes-tu faire à présent que tu te sais en sécurité et que le violeur a été arrêté ?"
- Je vais sans doute rentrer chez moi et reprendre ma vie comme avant. Depuis l'incident, je n'ai laissé aucune nouvelle à personne. Il va falloir que je reprenne mon travail et mes habitudes passées."
-Je comprend." me dit-il tristement.
- Ne sois pas si triste, nous pouvons tout de même nous revoir !"

C'est du moins ce que j'ai cru mais je n'ai pu reprendre contact avec lui. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé mais, comme réponse à toutes mes manifestations, je n'ai reçu qu'un silence sans comprendre pourquoi. J'ai donc repris mon métier de vendeuse dans un magasin de prêt-à-porter, dans Valsamis Avenue.

Les jours passent et le temps me semble de plus en plus long. Christophe où peux-tu donc être ? Je me sens si triste sans toi...

Je m'engage sur le trottoir qui me mène à la station de métro et je m'apprête à traverser le boulevard, quand je me fais bousculer par un labrador que son maitre n'a pas su retenir.

- Spooky, reste donc tranquille pour une fois!"

J'ai discerné quelque chose de familier dans le timbre de la voix, un accent qui venait de loin. je me suis retournée: c'était Christophe. Il a sourit puis il a ouvert ses bras largement.

- Mélodie !"

Je ne me suis pas précipitée. On s'est embrassé, joue droite, joue gauche, très banal.

- qu'est-ce que tu fais là ?" m'a-t-il demandé.
- C'est plutôt à toi qu'on devrait le demander. C'est mon quartier ici. J'habite un peu plus haut."
Vraisemblablement surpris par la froideur de ma réponse il me dit :
-Je ne te trouve pas très chaleureuse. Tu te rend compte on se retrouve ! Tu sais que j'ai souvent pensé à toi ? Alors qu'est-ce que tu deviens ? Il faut absolument qu'on se parle si tu as un peu de temps, bien sûr ! tu en as ?"
- Oui un peu."
- Tu as beaucoup changé Mélodie. Tu as l'air plus sure de toi, plus mure."
- J'ai peut-être vieilli."
- Tu n'en demeures pas moins belle pour autant, au contraire !"
- Merci !"
- Parlons plus sérieusement tu veux. On baisse la garde, on se dit tout ?"

C'est alors que j'ai appris qu'il était gravement malade et qu'il avait dû se rendre dans divers hôpitaux d'où il n'avait pu prendre contact avec moi.

- Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé auparavant ?"
- Je l'ignore. Il va me falloir re joindre l'hôpital de Khalia pour demain."
- Où ça se trouve ?"
- Khalia ? À deux mille cinq cent kilomètre d'ici."
- Nous allons être séparés une nouvelle fois ?" lui demandais-je avec tristesse.
- Ne dit pas cela, Mélodie !"
- Comment pourrais-je te connaitre de façon plus sérieuse ?"
- Ecoute, je suis écrivain n'est ce pas ?"
- Oui, mais quel rapport ?"
- Je t'enverrai chaque jour l'un de mes ouvrages. Tu apprendras à travers ceux ci bien plus que tout ce que j'ai pu te confier par le passé."
- C'est une excellente idée ! J'en suis très touchée."

Le lendemain, Christophe est parti, laissant derrière lui notre histoire et ses rêves. Ce n'est que plus tard que j'ai appris qu'il avait également laissé sa vie; mais peut-on vivre sans avoir quelqu'un à aimer ?

FIN
Merci à ceux qui auront le courage de lire ce long pavé !

Liloo

(Retrouvez ma nouvelle ici : http://bateau-ivre.cultureforum.net Là bas on m'appelle Lei)

____________________________________
La règle d'or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu'une partie de la vérité et sous des angles différents.

Mahatma Gandhi


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